Sa
vie
Aurelius Augustinus dit saint-Augustin naît
à Thagaste en Numidie (aujourd'hui Souk
Ahras en Algérie). C'est un romain d'Afrique.
Son père est un berbère païen
du nom de Patricius, modeste notable de la ville,
et d’une mère chrétienne, Monique
qui transmettra sa foi à ses enfants et
gagnera son mari au christianisme à la
fin de sa vie. Augustin avait un frère,
Navigius, et une sœur qui sera préposée
du monastère d’Hippone ( aujourd’hui Annaba
en Algérie). La langue maternelle d’Augustin
est le numide.
Augustin reçoit une formation intellectuelle
solide. Son père souhaitait qu'il devienne
avocat, mais il deviendra professeur dans sa
ville natale, puis à Carthage, où
il fonde une école de rhétorique,
et enfin à Rome et Milan. (son père
mourra à la fin de l'année 370).
Pendant cette période, au désespoir
de sa mère, il s'éloigne de la
religion de son enfance, menant une vie de débauche,
une vie tourmentée divisée entre
son amour pour la femme avec laquelle il est
lié depuis l'âge de 17 ans (et
dont il a en 372, un fils Adéodat), sa
passion pour la littérature, le théâtre
et ses inquiétudes métaphysiques.
Il découvre la philosophie vers 15 ans,
en lisant Cicéron, mais c'est d'abord
au manichéisme qu'il se convertit. Cette
religion connaît à cette époque
une grande expansion. Elle enseigne une vision
dualiste et tragique du monde (le conflit entre
le Bien et le Mal) et préconise une morale
ascétique par laquelle l'âme ferait
son salut en s'arrachant au monde mauvais. Augustin,
déchiré par ses conflits internes,
est séduit par cette doctrine et y adhère
pendant 9 ans. A son arrivée à
Milan, il s'éloigne déjà
du manichéisme. Il subit alors l'influence
du grand théologien chrétien Ambroise
qui lui fait découvrir le néo-platonisme.
La conversion et le baptême
Augustin s’interrogeait toujours sur la personnalité
du Christ. Il l’imaginait comme un homme d’une
éminente sagesse, mais il n’avait aucune
idée du mystère du « Verbe
fait chair », jusqu’à ce que Simplicien,
grand intellectuel chrétien, lui présente
le prologue de l’Évangile de Jean comme
un condensé de la doctrine chrétienne
: le Christ est à la fois le Verbe, la
Parole de Dieu en Dieu, et la Parole faite chair,
l’homme Jésus Christ, médiateur
de Dieu et des hommes. C’est un moment important
: Augustin découvrait là le principe
de cohérence de la pensée chrétienne.
Vint un jour la crise décisive dans
le jardin de sa résidence à Milan.
Il s’y agitait en gestes désordonnés
; il s’abattit sous un figuier et laissa libre
cours à ses larmes. C’est alors qu’il
entendit une voix qui chantonnait : «
Prends, lis ! prends, lis ! ». Il se saisit
du livre des lettres de Paul, l’ouvrit au hasard
et lut : « Pas d’orgies et de beuveries,
pas de coucheries et de débauches, pas
de disputes et de jalousies ; mais revêtez-vous
du seigneur Jésus-Christ ; et n’ayez
souci de la chair pour en satisfaire les convoitises
» (Rm 13, 13-14). Cela suffit : une lumière
de certitude se déversa en son cœur et
toutes les ténèbres du doute se
dissipèrent.
L’année universitaire close, Augustin
et sa famille et deux jeunes disciples prirent
des vacances et firent retraite dans une villa
dans les collines au nord de Milan, qui était
mise à leur disposition par un collègue.
Ils passèrent là des mois paisibles,
s’adonnant à des entretiens philosophiques,
à des méditations personnelles
et à des prières.
En mars 387, ils revinrent à Milan pour
l’inscription sur le registre des candidats
au baptême. Augustin, son ami Alype et
son fils Adéodat suivirent la catéchèse
d’Ambroise. Ils reçurent de lui le symbole
des apôtres, l’apprirent par cœur et le
récitèrent solennellement. Au
cours de la nuit pascale du 24-25 avril 387,
comme les autres, Augustin fut baigné
par Ambroise dans la piscine baptismale par
trois fois, au nom du Père, du Fils et
du Saint Esprit.
Augustin fait le recit de son baptême,
dans son livre les Confessions : « Et
nous avons été baptisés
et loin de nous s’est enfuie l’inquiétude
de notre vie passée » ... «
Et je ne me rassasiais pas, en ces jours-là,
de la douceur merveilleuse que je goûtais
à réfléchir sur la profondeur
de ton dessein, ô Dieu, concernant le
genre humain » (Conf. IX, 14).
La retraite anticipée
N'ayant plus rien à faire en Italie,
Augustin prit le chemin du retour avec sa famille.
En automne 387, ils étaient à
Ostie, en attente d’embarquement pour l’Afrique.
Cinq jours après, Monique sa mère
fut prise de fièvre. Augustin et son
frère, Navigius, étaient à
son chevet . Monique mourut le neuvième
jour de sa maladie, à l’âge de
cinquante-six ans. De retour au pays en 388,
Augustin et ses compagnons s’installèrent
dans la maison familiale à Thagaste.
La réquisition ecclésiale
(395)
Augustin n’avait pas la vocation sacerdotale,
au sens communément reçu. Pressentant
ce qui devait arriver, il évitait même
de se rendre dans les villes dont le siège
épiscopal était vacant. Il vint
un jour à Hippone , l’esprit tranquille,
puisqu’il y avait là un évêque,
Valère. Mais celui-ci eut la bonne idée
de dire à l’assemblée qu’il avait
besoin d’un prêtre pour le seconder. Quelqu’un
cria : Augustin ! Et Augustin fut requis et
ordonné. Il en pleura ; mais il se ressaisit
vite.
Valère mettra à sa disposition
un jardin dans l’enclos paroissial, afin qu’il
puisse y vivre en communauté avec ses
frères, selon la règle établie
par les apôtres, c’est-à-dire selon
l’idéal de la communauté primitive
de Jérusalem (Actes des apôtres,
4, 32-35). Il continuait donc ses entretiens
spirituels avec ses frères et il commença
à prêcher et à ecrire.
Mort
Augustin meurt, le 28 Août 430 à
l’âge de 76 ans à Hippone.
Son
apport
La pensée de saint Augustin est très
marquée par le néo-platonisme
: il ne voit aucune contradiction entre le christianisme
et la philosophie de Platon. Il réconcilie
le concept platonicien des « idées
éternelles » avec le christianisme
en considérant celles-ci comme partie
intégrante du Dieu éternel.
-
Il s’oppose cependant à la théorie
cyclique de Platon. Pour Augustin, l’histoire
est en mouvement, depuis un commencement vers
une fin ; la considérer comme un processus
cyclique, c’est nier le caractère unique
de Jésus-Christ et la promesse de son
évangile.
-
Le savoir est un moyen de rencontrer Dieu. L’étude
de l’univers ne peut que conduire à une
appréciation plus haute de la sagesse
de Dieu.
-
La foi au-dessus de tout : il estime qu’elle
prime même la connaissance. L’homme a
le libre choix entre le bien et le mal, mais
pour faire le juste choix, il a besoin de l’aide
divine et d’une foi forte.
Il
rejetera le manichéisme parce que cette
conception exonère l'homme de toute faute.
Il existe une liberté du pécheur.
Il s'opposera vigoureusement à l'hérésie
pélagienne, l'homme ne peut pas se sauver
tout seul. Il n'appartient pas à l'homme
de faire lui-même son salut. Tout dépend
de la grâce que Dieu accorde ou non. (cette
idée influencera plus tard les reformistes
Luther et Jean Calvin). L'homme est incapable
de se libérer seul des sollicitations
de la concupiscence. La puissance des passions
est liée au péché originel.
Œuvres
L'universalité d'Augustin trouve sa source
dans la diversité de son œuvre (près
de 100 ouvrages, sans compter les sermons et
les lettres) et dans la puissance de ses reflexions.
On citera entre autres :
83
Questions
Contre les Académiciens
Contre Adimantus
Contre un adversaire de la Loi et des Prophètes
Immortalité de l’Âme
De la Grandeur de l’Âme
Âme et son Origine
Des deux Âmes
Doctrine des Ariens
Contre la Doctrine des Ariens
Avantages de la Viduité
Du Baptême contre les Donatistes
Unité du Baptême
Du Cantique Nouveau
Traité du Catéchisme
Discours au Peuple de l’Église deCésarée
Chant Populaire contre les Donatistes
La Cité de Dieu
Du Combat Chrétien
Les Confessions
De la Continence
De la Correction et la Grâce
Contre Cresconius - Manichéen
Des Devoirs à rendre aux Morts
De la Discipline Chrétienne
De la Divination des Démons
Doctrine Chrétienne
Avertissement aux Donatistes
Résumé d’une Conférence
avec les Donatistes
Traité de l’Espérance, Foi et
Charité
De l’Esprit et de la Lettre
L’accord entre les Évangiles
Questions sur les Évangiles
Traité sur l’Évangile de saint
Jean - 124 traités
17 Questions sur l’Évangile de saint
Matthieu
Contre Fauste, manichéen
Conférence avec le manichéen Félix
Foi aux choses qu’on ne voit pas (De la)
Foi et Œuvres (De la Foi et des Œuvres)
Foi et Symbole (De la Foi et du Symbole)
Fortunat (Conférence avec)
Gaudentius (Réfutation de la Doctrine
de)
Grâce de Jésus-Christ et Péché
Originel
Genèse - commentaire contre les Manichéens
Genèse - commentaire au sens littéral
Genèse - autre commentaire sur le début
de la Genèse
Grâce et du Livre Arbitre (Traité
de la)
Heptateuque (Locutions sur l')
Hérésies (Des)
Job - Annotations sur le livre de Job
Juifs (Contre les)
Julien (Contre - pélagien)
Julien (Contre la 2e Réponse de - pélagien)
Lettres
Lettre Fondamentale (Réfutation de l'
- épître manichéenne)
Lettre aux Galates (Commentaire de)
Lettre aux Romains - explication de propositions
Libre Arbitre (Traité du)
Maître (Du)
Mariage (Les Biens du)
Mariage et Concupiscence
Maximin (Conférence avec)
Mensonge (Du)
Mensonge (Contre le)
Mérite, Rémission des Péchés,
Baptême des Petits Enfants
Miroir Sacré (Le)
Mœurs de l’Église catholique et des Mœurs
de Manichéens (Des)
Musique (Traité de la)
Nature du Bien (De la)
Nature et de la Grâce (De la)
Ordre (De l')
Orose (à Orose sur les Priscillianistes
et les Origénistes)
Patience (De la)
Parménien (Réfutation d’un écrit
de)
Parthes (saint Jean) (Epitre aux)
Pélage (Actes du Procès de)
Perfection de la Justice de l’homme (De la)
Persévérance (Du Don de la)
Pétilien (Contre les lettres de)
Prédestination des saints
Psaumes (Discours sur les)
Règle de saint Augustin (La)
Rétractations (Les)
Ruine de Rome (La)
Rusticianus (Sur le sous-diacre)
Secundinus - Réfutation par Augustin
Sermons Détachés
Sermons sur l’Ancien Testament
Sermons sur l’évangile de saint Matthieu
Sermons sur l’évangile de saint Marc
Sermons sur l’évangile de saint Luc
Sermons sur l’évangile de saint Jean
Sermons sur les Actes des Apôtres
Sermons sur divers passages de l’Écriture
sainte
Sermons pour les Solennités et Sermons
Panégyriques
Sermons Inédits (201 sermons)
Sermon sur la Montagne (Explication du)
Soliloques (Les) - Connaissance de Dieu et de
l’âme humaine
Symbole (Du)
Travail des Moines (Du)
Trinité [La] (22 livres)
Unité de l'Église (Traité
de l' - Contre les Donatistes)
Utilité de la Foi
Utilité du Jeûne
Vie Bienheureuse (De la)
Vraie Religion (De la)