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Qui est ce ? >> Liste J >> JEAN CALVIN
Réformateur protestant (10 juillet 1509-27 mai 1564)
photoIl est avec Martin Luther, l'un des initiateurs de la réforme protestante, en opposition à certains dogmes et rites de l'Église catholique romaine. Il développa une doctrine relativement différente de celle de Luther.

Jeunesse
La petite ville de Noyon (Picardie, France) voit la naissance de Jean Calvin (Calvinus en latin), fils d'une mère dévote et d'un père autoritaire, notable au service des chanoines. Ce cadre familial pieux prédestine Calvin à une carrière ecclésiastique. Il bénéficiera d'un financement de l'Église catholique lui permettant de suivre des études théologiques à Paris. Quatre années de fréquentation du célèbre collège de Montaigu (1523-1527), principalement centrées sur les commentaires des traités aristotéliciens, le mettent en contact avec la pensée humaniste. Maître ès arts à 18 ans, il révèle déjà son ardeur au travail, l'endurance de son esprit, les potentialités d'une mémoire fabuleuse.

A 23 ans Calvin est l'auteur de commentaires remarqués sur le De Clementia de Sénèque et montre le visage d'un fin lettré humaniste préoccupé de connaître Dieu à la lumière de sa Parole. Il bascule dans le camp réformiste en 1533. En 1534, suite à l'affaire des Placards ( Dans la nuit du 17 octobre 1534, des "placards" furent apposés dans Paris, et jusque sur la porte de la chambre du roi François Ier à Amboise. Ces affiches de propagande en faveur de la réforme attaquaient avec véhémence la messe. Cet acte fut violemment réprimé et les partisans des idées de la réforme furent conduits au bûcher. Les premières persécutions contre les protestants français = huguenots, commencèrent) il dut fuir la France pour s'exiler à Bâle. Son existence de proscrit commence.

Le proscrit (1534-1541)
Réfugié à Bâle (centre acquis de la Réforme), Calvin s'adonne à une étude approfondie des écrits de Luther et élabore sa propre théologie.( Considerée comme une radicalisation de celle de Luther). Ce travail intense aboutit à la parution en 1536 d'un livre, "Christianae Religionis Institutio" l'institution de la religion chrétienne. Ce livre aura un retentissement immense. Calvin livre une formulation magistrale de l'approche réformiste agrémentée de répliques personnelles. Une information biblique élargie et une exégèse approfondie en sont les bases solides.

Première présence à Genève
Il forme ensuite le projet de se rendre à Strasbourg pour poursuivre ses études et transite par Genève où il ne compte passer qu'une nuit. Sa présence est toutefois signalée au pasteur Guillaume Farel qui y avait établi la réforme. Ce dernier convainc Calvin de rester à Genève pour consolider son oeuvre. Calvin y organise la vie de l'Eglise naissante, promulgue des ordonnances, rédige une confession de foi et établit un catéchisme (Brève instruction chrétienne). Des querelles religieuses et politiques, pousseront une fois de plus Calvin à quitter la ville. Strasbourg l'accueille pendant quatre années (1537-1541). Calvin se consacre à l'étude et à l'écriture: seconde édition de l'Institution chrétienne, Commentaire sur l'Epître aux Romains et l'Epître à Sadolet (ce dernier invite dans une lettre les Genevois à revenir dans le giron de l'Eglise catholique). A Strasbourg, Calvin épouse Idelette de Bure. De cette union naquit Jacques qui mourut en bas âge. Sa femme mourra en 1549.

Le "pape" de Genève (1541-1564)
En 1540, de retour au pouvoir, les partisans de Farel et de Calvin prient ce dernier de revenir à Genève. Il faudra l'insistance de Farel, mais aussi de Bâle et Zurich pour que Calvin se laisse fléchir. Le 15 septembre 1541, il remonte à la cathédrale Saint-Pierre et reprend l'explication de l'Ecriture sainte à l'endroit exact où il l'avait laissée quatre ans plus tôt.
Sa première réalisation fut la rédaction des Ordonnances, véritable constitution de l'Eglise genevoise. Elles établissent les quatre ministères à la base de l'Eglise réformée: les pasteurs, les docteurs, les anciens et les diacres. Les pasteurs ont la charge de la prédication et du catéchisme. Les docteurs préparent les candidats tant au ministère qu'au gouvernement civil. Les anciens, des laïcs, exercent avec les pasteurs la discipline doctrinale et morale dans le consistoire, sorte de tribunal de police spirituelle. Les diacres ont eux pour mission de s'occuper des malades et des pauvres et sont en charge des hôpitaux.

Un nouveau catéchisme, plus complet que celui de 1536, est écrit en 1542. Calvin fait aussi paraître à cette époque un Petit traité de la sainte cène où est exposée sa doctrine sur ce sacrement.
Durant les vingt-trois années passées à Genève, Calvin assure quotidiennement une prédication à la cathédrale Saint-Pierre ainsi qu'un enseignement théologique. Ces années genevoises sont celles d'un grand labeur. Calvin entretiendra aussi une correspondance très importante.

Opposition
Les conflits furent nombreux. La lutte la plus rude opposa Calvin à Servet. Un débat théologique est à l'origine de la querelle. En 1531, Servet publie Les Erreurs de la Trinité où il nie la doctrine traditionnelle. Une rencontre entre les deux hommes échoue en 1534. En 1553, Servet publie la Restitution chrétienne, réplique à l'Institution chrétienne de Calvin. Arrêté à Vienne, Servet est jugé par contumace et condamné. Il parvient à s'évader et gagne Genève où il est arrêté. Un long procès commence où Calvin intervient sur la polémique théologique. Servet sera condamné au bûcher et brûlé vif à Champel. Le conflit avec Servet est l'exemple de l'intransigeance dogmatique et théologique de Calvin et de son époque.

Les conflits furent ensuite moins nombreux. Calvin et le Conseil fondent le Collège et l'Académie en 1559. Ce projet tenait à coeur à Calvin qui souhaitait fonder à Genève un enseignement supérieur pour la formation des pasteurs. Théodore de Bèze devint le recteur de l'Académie qui comptait dans ses rangs d'illustres professeurs. Le nombre d'étudiants atteignit rapidement plusieurs centaines.

Mort
Quatre ans avant sa mort seulement, Calvin obtient la bourgeoisie genevoise, l'équivalent de la nationalité, signe sans doute que les Genevois le considérèrent longtemps comme un réfugié français.
D'une santé précaire, les dernières années de sa vie furent particulièrement douloureuses, mais il poursuivait sa tâche. Il décède le 27 mai 1564. Ses funérailles au cimetière de Plainpalais furent d'une extrême simplicité. Selon sa volonté, il est enterré en un lieu inconnu pour ne pas susciter une glorification terrestre.