Il
est avec Martin Luther, l'un des initiateurs de
la réforme protestante, en opposition à
certains dogmes et rites de l'Église catholique
romaine. Il développa une doctrine relativement
différente de celle de Luther.
Jeunesse
La petite ville de Noyon (Picardie, France)
voit la naissance de Jean Calvin (Calvinus en
latin), fils d'une mère dévote
et d'un père autoritaire, notable au
service des chanoines. Ce cadre familial pieux
prédestine Calvin à une carrière
ecclésiastique. Il bénéficiera
d'un financement de l'Église catholique
lui permettant de suivre des études théologiques
à Paris. Quatre années de fréquentation
du célèbre collège de Montaigu
(1523-1527), principalement centrées
sur les commentaires des traités aristotéliciens,
le mettent en contact avec la pensée
humaniste. Maître ès arts à
18 ans, il révèle déjà
son ardeur au travail, l'endurance de son esprit,
les potentialités d'une mémoire
fabuleuse.
A 23 ans Calvin est l'auteur de commentaires
remarqués sur le De Clementia de Sénèque
et montre le visage d'un fin lettré humaniste
préoccupé de connaître Dieu
à la lumière de sa Parole. Il
bascule dans le camp réformiste en 1533.
En 1534, suite à l'affaire des Placards
( Dans la nuit du 17 octobre 1534, des "placards"
furent apposés dans Paris, et jusque
sur la porte de la chambre du roi François
Ier à Amboise. Ces affiches de propagande
en faveur de la réforme attaquaient avec
véhémence la messe. Cet acte fut
violemment réprimé et les partisans
des idées de la réforme furent
conduits au bûcher. Les premières
persécutions contre les protestants français
= huguenots, commencèrent) il dut fuir
la France pour s'exiler à Bâle.
Son existence de proscrit commence.
Le proscrit (1534-1541)
Réfugié à Bâle (centre
acquis de la Réforme), Calvin s'adonne
à une étude approfondie des écrits
de Luther et élabore sa propre théologie.(
Considerée comme une radicalisation de
celle de Luther). Ce travail intense aboutit
à la parution en 1536 d'un livre, "Christianae
Religionis Institutio" l'institution de
la religion chrétienne. Ce livre aura
un retentissement immense. Calvin livre une
formulation magistrale de l'approche réformiste
agrémentée de répliques
personnelles. Une information biblique élargie
et une exégèse approfondie en
sont les bases solides.
Première présence à
Genève
Il forme ensuite le projet de se rendre à
Strasbourg pour poursuivre ses études
et transite par Genève où il ne
compte passer qu'une nuit. Sa présence
est toutefois signalée au pasteur Guillaume
Farel qui y avait établi la réforme.
Ce dernier convainc Calvin de rester à
Genève pour consolider son oeuvre. Calvin
y organise la vie de l'Eglise naissante, promulgue
des ordonnances, rédige une confession
de foi et établit un catéchisme
(Brève instruction chrétienne).
Des querelles religieuses et politiques, pousseront
une fois de plus Calvin à quitter la
ville. Strasbourg l'accueille pendant quatre
années (1537-1541). Calvin se consacre
à l'étude et à l'écriture:
seconde édition de l'Institution chrétienne,
Commentaire sur l'Epître aux Romains et
l'Epître à Sadolet (ce dernier
invite dans une lettre les Genevois à
revenir dans le giron de l'Eglise catholique).
A Strasbourg, Calvin épouse Idelette
de Bure. De cette union naquit Jacques qui mourut
en bas âge. Sa femme mourra en 1549.
Le "pape" de Genève
(1541-1564)
En 1540, de retour au pouvoir, les partisans
de Farel et de Calvin prient ce dernier de revenir
à Genève. Il faudra l'insistance
de Farel, mais aussi de Bâle et Zurich
pour que Calvin se laisse fléchir. Le
15 septembre 1541, il remonte à la cathédrale
Saint-Pierre et reprend l'explication de l'Ecriture
sainte à l'endroit exact où il
l'avait laissée quatre ans plus tôt.
Sa première réalisation fut la
rédaction des Ordonnances, véritable
constitution de l'Eglise genevoise. Elles établissent
les quatre ministères à la base
de l'Eglise réformée: les pasteurs,
les docteurs, les anciens et les diacres. Les
pasteurs ont la charge de la prédication
et du catéchisme. Les docteurs préparent
les candidats tant au ministère qu'au
gouvernement civil. Les anciens, des laïcs,
exercent avec les pasteurs la discipline doctrinale
et morale dans le consistoire, sorte de tribunal
de police spirituelle. Les diacres ont eux pour
mission de s'occuper des malades et des pauvres
et sont en charge des hôpitaux.
Un nouveau catéchisme, plus complet
que celui de 1536, est écrit en 1542.
Calvin fait aussi paraître à cette
époque un Petit traité de la sainte
cène où est exposée sa
doctrine sur ce sacrement.
Durant les vingt-trois années passées
à Genève, Calvin assure quotidiennement
une prédication à la cathédrale
Saint-Pierre ainsi qu'un enseignement théologique.
Ces années genevoises sont celles d'un
grand labeur. Calvin entretiendra aussi une
correspondance très importante.
Opposition
Les conflits furent nombreux. La lutte la plus
rude opposa Calvin à Servet. Un débat
théologique est à l'origine de
la querelle. En 1531, Servet publie Les Erreurs
de la Trinité où il nie la doctrine
traditionnelle. Une rencontre entre les deux
hommes échoue en 1534. En 1553, Servet
publie la Restitution chrétienne, réplique
à l'Institution chrétienne de
Calvin. Arrêté à Vienne,
Servet est jugé par contumace et condamné.
Il parvient à s'évader et gagne
Genève où il est arrêté.
Un long procès commence où Calvin
intervient sur la polémique théologique.
Servet sera condamné au bûcher
et brûlé vif à Champel.
Le conflit avec Servet est l'exemple de l'intransigeance
dogmatique et théologique de Calvin et
de son époque.
Les conflits furent ensuite moins nombreux.
Calvin et le Conseil fondent le Collège
et l'Académie en 1559. Ce projet tenait
à coeur à Calvin qui souhaitait
fonder à Genève un enseignement
supérieur pour la formation des pasteurs.
Théodore de Bèze devint le recteur
de l'Académie qui comptait dans ses rangs
d'illustres professeurs. Le nombre d'étudiants
atteignit rapidement plusieurs centaines.
Mort
Quatre ans avant sa mort seulement, Calvin obtient
la bourgeoisie genevoise, l'équivalent
de la nationalité, signe sans doute que
les Genevois le considérèrent
longtemps comme un réfugié français.
D'une santé précaire, les dernières
années de sa vie furent particulièrement
douloureuses, mais il poursuivait sa tâche.
Il décède le 27 mai 1564. Ses
funérailles au cimetière de Plainpalais
furent d'une extrême simplicité.
Selon sa volonté, il est enterré
en un lieu inconnu pour ne pas susciter une
glorification terrestre.