Les
débuts
Né en Bohême en 1369, Jan Hus est
ordonné prêtre et devient doyen puis
recteur de l'université de Prague. Influencé
par l'Anglais John Wyclif, il s'interroge sur
les conséquences pratiques de l'obéissance
au Christ, prononce des sermons contre ce qu'il
appelle les erreurs du catholicisme et se consacre
à la réforme de l'Église.
Sa doctrine
Il se trouve bientôt à la tête
d'un mouvement national de réforme et
prend la défense des écrits de
l'anglais Wyclif condamné par une bulle
pontificale. Il est excommunié en 1411
et, comme si une fois ne suffisait pas, à
nouveau en 1412. Le conflit avec Rome s'exacerbe
avec la critique de la vente des indulgences.
Hus en appelle au jugement du Christ, instance
inconnue du droit canonique. Il compose en latin
ou en tchèque Questio de indulgentiis,
Explication de la foi (1412), De Ecclesia et
Explication des Saints Évangiles (1413).
Sa fin
Dans cette Bohême de 1414, déchirée
par les luttes intestines, menacée d'une
croisade, Jan Hus est frappé d'excommunication
alors que les œuvres de Wyclif sont brûlées,
et quoique finalement plus modéré
que l'anglais, il est chassé de la ville.
Alors, il va continuer, dans les campagnes,
sa prédication évangélique
elle entraînera un soulèvement
populaire.
Hus est persuadé, que seul un Concile,
qui forcément reconnaitrait la justesse
de ses thèses pourrait mettre fin à
cette situation tragique.
Vint le concile de Constance, dont le pape
Jean XXIII a signé la convocation. Hus
s'y rend, muni d'un sauf-conduit signé
du nouvel Empereur Sigismond afin d'y défendre
ses thèses.
Là, sont accourus, en grand apparat,
les représentants des grandes nations
catholiques, tous les prélats et les
princes que compte la Chrétienneté,
y compris des orthodoxes, des lithuaniens, des
coptes. Le premier but du Concile de Constance,
réuni sous la pression de Sigismond,
n'est pas de le juger, mais de mettre fin à
ce scandale que représente le schisme
d'Occident. Trois soit-disant « papes
» se disputent la tiare, « Jean
XXIII », « Grégoire XII »
et « Benoît XIII ». Le Concile,
qui reconnaît au début «
Jean XXIII » finira par le déposer,
comme il condamnera « Benoît XIII
», tandis que « Grégoire
XII » démissionnait volontairement.
Alors il élira Martin V.
Au premier rang des censeurs de Jan Hus, outre
le cardinal d'Ailly, de Cambrai, et son disciple
Jean Gerson, chancelier de l'Université
de Paris, se trouvent les grands inquisiteurs,
secondés par les plus brillants des canonistes
romains. Les juges procèdent à
des interrogatoires 'ex-cathedra', Hus n'a que
trop rarement la parole, malgré tout
il arrive à désarçonner
ses accusateurs. Peu à peu, les débats
quoique fort confus, tournent à l'avantage
du réformateur. Voyant cela, le pape
s'empresse de fuir, non sans ordonner que Jan
Hus soit arrêté et jeté
en prison pour « avoir nié l'autorité
de l'Eglise ». Il fuit, en pleine nuit,
car tout autour, le peuple gronde. Au cachot,
après des semaines d'interrogatoires
incessants, il ne faiblit pas et parle comme
le feront plus tard les premiers protestants
: « Dieu et ma conscience sont mes seuls
témoins, jamais je n'ai prêché
ni enseigné les choses que les témoins
invoquent contre moi ». Condamné
comme hérétique à être
brûlé vif, il s'écriera
: « Seigneur Jésus-Christ, pardonne
à tous mes ennemis ». La censure
passera au crible, ses ultimes lettres, écrites
de sa cellule, à ses amis de Prague :
« Mes très chers amis, c'est la
fin maintenant. Je demande à tous de
persévérer dans la vérité
de Dieu »: elle ne peut rien y redire...
Enfin, le bras séculier va pouvoir intervenir,
puisque, selon le jugement, Jan Hus doit être
« réduit à l'état
laïc ». Selon les rites prévus
: le bourreau lui arrache publiquement les vêtements
dont les 'pères' l'avaient revêtu
pour cette parodie. Coiffé d'une mitre
de carton sur laquelle sont peints des diables,
il est emmené vers le bûcher au
milieu d'une foule partagée entre colère
et délire : on le lie au poteau, entouré
de paille humide et de fagots, et le feu est
mis à ce bûcher. Tandis que montent
les flammes, Jan Hus aurait chanté :
« Christ, Fils du Dieu vivant, aie pitié
de moi ».
Enfin,
comble de ce martyre, l'aide- bourreau réduit
ses os brûlés en poussière
qu'il l'on va jeter dans les eaux du Rhin car
selon le ugement: « De Jan Hus, il ne
doit rien rester » . C'était le
6 juillet 1415. Son ami Jérôme
de Prague, qui était venu le soutenir,
s'exclamera: « On a pu le brûler,
mais on ne brûle pas la vérité
». Las, il subira le même sort,
le 30 mai 1416.
La
révolution hussite est en route, qui
va provoquer une guerre fratricide et quinze
années de malheurs dans une Bohême
fanatisée. Mais les hussites perdirent
leur dernière bataille, au Mont Thabor.
Dans
une Europe, lasse de temps de violence, des
lumières commencent à poindre,
et le concile à Bâle, convoqué
en 1432 pour tenter de rétablir la paix,
conclura : « qui brûle les livres
finira par brûler les hommes. Une fois
semée, la violence est une graine qui
ne meurt pas » . « Mais la Parole
de Dieu demeure éternellement ».
Son
apport
Ses disciples le considèrent comme un
patriote et un martyr de la Nation et de la
foi. Précurseur des Réformes,
sa mort déclenche une véritable
révolution religieuse, politique et sociale
qui secouera Bohême et Moravie pendant
encore des décennies.
En linguistique, Jan Hus a contribué
à fixer la langue littéraire tchèque,
pour laquelle il a inventé une orthographe
utilisant des diacritiques comme le point suscrit,
devenu ensuite le hácek.
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