Toutes
les paroisses protestantes de Polynésie française
célébraient, mercredi, le 211ème anniversaire
de l'arrivée de l'Evangile à Tahiti. Les nombreux
paroissiens du septième arrondissement de l'Église
protestante ma'ohi organisaient un grand rassemblement à
Papeete.
Le 5 mars 1797, dix-huit missionnaires de la London Missionnary
Society débarquaient du "Duff" à la
Pointe Vénus, à Mahina (côte Est de Tahiti).
Leur passage allait profondément modifier la société
traditionnelle polynésienne dont les relations avec les
circumnavigateurs européens (Wallis, Cook, Bougainville…)
étaient jusqu'alors éphémères ou
bien anecdotiques.
Après cette date, les échanges vont devenir quotidiens,
approfondis, continus et durables, pour façonner la société
polynésienne d'aujourd'hui. Les pratiques sociales et
religieuses des Polynésiens allaient aussi en être
profondément modifiées.
La communauté religieuse la plus importante de Polynésie
française
Aujourd'hui, plus de deux cents ans après, la communauté
protestante issue de cette rencontre est toujours, proportionnellement,
la plus importante des communautés religieuses en Polynésie
française.
Il n'y a plus de chiffres officiels depuis 1971, date du dernier
recensement incluant une déclaration d'appartenance religieuse
mais, à l'époque, 50,5% des Polynésiens
étaient membres de l'Eglise protestante historique, l'Eglise
évangélique de Polynésie française
(rebaptisée en 2004 église protestante ma'ohi,
EPM).
34,5% étaient catholiques et le reste - soit 15% - se
répartissait entre les églises mormones (implantées
dès le milieu du 19ème siècle) et adventiste
(présente depuis la fin du 19ème siècle).
L'Évangile en commun
Tous les ans, les fidèles célèbrent cette
date et participent à de nombreux offices. Ce mercredi,
la cérémonie la plus imposante était organisée
à la salle Maco Nena, au stade Bambridge de Papeete,
et regroupait les nombreuses communautés du septième
arrondissement de l'Église protestante mao'hi.
Si la rivalité avec l'Église catholique fut au
XIXème siècle un enjeu non seulement idéologique
mais également politique, par États interposés
(l'Angleterre soutenant les protestants et la France les catholiques),
cette période est aujourd'hui bien révolue puisque
l'Église catholique envoie chaque année un représentant,
et - en 2008 - c'est l'Évêque de Papeete, Mgr Hubert
Coppenrath, qui assistait en personne à la cérémonie.
C'est d'ailleurs par un " Notre Père ", prière
commune aux deux églises que s'est terminée la
cérémonie liturgique.
La commune d'Arue rend hommage aux pasteurs Nott et Jefferson
ainsi qu'à Pomare II
Dans la commune d'Arue (côte Est de Tahiti), les élus
communaux, accompagnés de représentants de l'église
évangélique et de la famille Pomare, se sont retrouvés
à 7 h autour de la sépulture où repose
le pasteur Henry Nott, décédé en 1844,
et John Jefferson, qui s'était attelé à
la traduction en reo maohi de la Bible, avant Henry Nott.
Celui-ci poursuivit cette tâche et permit également
au protestantisme de se développer grâce au lien
d'amitié qu'il entretenait avec le roi Pomare II et qu'il
baptisa avec le révérend Henry Bricknell, le 18
mai 1819.
Le roi, en décidant de rompre avec la croyance traditionnelle
pour se tourner vers le christianisme, entraîna avec lui
de nombreux Polynésiens notamment dans les îles
de la Société puis aux Australes et, dans une
moindre mesure, dans l'archipel des Tuamotu et celui des Marquises
devenus aujourd'hui principalement catholiques.
Après le dépôt d'une gerbe aux tombes de
Nott et Jefferson, la délégation s'est rendue
dans le cimetière privé des Pomare, à proximité,
pour déposer également une gerbe sur la pierre
marquant l'emplacement de l'inhumation de Pomare II.
Tahiti
Press
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