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John Micklethwait est Le rédacteur en chef de «The Economist», le magazine le plus influent du monde. Il vient de publier «God Is Back», qui décrypte le retour du religieux dans le monde.
John Micklethwait, les scientifiques célèbrent le bicentenaire de la naissance de Darwin. Et, avec Adrian Wooldridge, vous publiez un livre qui a pour thèse le retour de Dieu. Comment ces deux éléments tiennent-ils ensemble? Nous avons d'abord écrit un livre sur la droite aux Etats-Unis. C'est là que nous avons commencé à nous intéresser aux mouvements religieux et que nous avons remarqué que nous partions de postulats complètement faux.
C'est-à-dire? Puisque la religion est en expansion aux Etats-Unis, nous pensions que les Américains constituaient l'exception. Mais c'est l'inverse: c'est nous, les Européens, qui sommes l'exception. Il n'y a qu'ici que le religieux est sur le déclin. L'Asie, l'Amérique du Sud et l'Afrique suivent les traces des Etats-Unis.
C'est sobre et factuel. Mais êtes-vous vous-mêmes intéressés par la religion? Absolument pas. Adrian et moi sommes probablement les seuls êtres sur terre à avoir écrit un livre sur la religion sans suivre une orientation religieuse, sous quelque forme que ce soit. Nous ne voulons pas non plus convaincre quiconque de devenir athée. Je suis catholique et Adrian est athée. Mais, encore une fois, pour nous, Dieu n'est vraiment pas important.
En sciences, on célèbre le rationnel, pas la spiritualité. Je ne le crois pas. Il y a peut-être un groupe de scientifiques qui, au sens darwinien, dresse la liste des raisons pour lesquelles Dieu n'existe pas. Mais, dans les sciences sociales en particulier, une communauté de plus en plus grande de chercheurs se demande pourquoi la religion reste omniprésente. Il y a des économistes qui examinent pourquoi les personnes très religieuses sont plus riches; pourquoi elles sont en meilleure santé; et pourquoi elles vivent plus longtemps. Aux Etats-Unis, les gens très religieux font aussi partie de la population la plus instruite.
Pourquoi la religion fait-elle du bien aux gens? D'abord, parce qu'elle donne une réponse à l'éternelle question du sens de la vie. Deuxièmement, parce qu'elle aide d'innombrables personnes dans leur carrière. La religion agit comme un paratonnerre, comme une sorte de protection contre la globalisation. Et, pour d'autres, la religion est un moyen de profiter de la globalisation.
Comment ça? Il n'y a qu'à aller dans une mégaéglise de Corée ou dans une banlieue américaine. Les gens n'ont pas peur là-bas. Ils vont dans cette église pour avancer, pour gagner davantage d'argent. Ce sont des gens intelligents, des avocats, des dentistes, des cadres, etc. Il n'y a qu'à regarder Barack Obama.
Vous ai-je bien compris: Barack Obama? Oui, le président Barack Obama.
Pas George W. Bush? Non. Nous Européens pensons constamment que Bush serait un représentant typique du religieux d'influence américaine. C'est une erreur. Barack Obama est un bien meilleur symbole de la religion américaine moderne.
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**The Economist est un magazine hebdomadaire britannique. Il est l'un des hebdomadaires de référence à l'échelle mondiale; reconnu pour la qualité de ses analyses, il couvre l'ensemble de l'actualité mondiale, en étudiant en particulier l'économie et les relations internationales |